Que retenir du débat Frans Timmermans VS Manfred Weber ?

En toile de fond des élections européennes se joue un tout autre enjeu : la présidence de la Commission européenne.

Depuis 2014, le président de la Commission européenne est nommé par le Conseil européen et le Parlement européen. Ce dernier a en effet réussi à imposer la nomination de la tête de liste du parti vainqueur comme président de la Commission européenne. Néanmoins, la décision finale revient au Conseil européen, qui souhaite garder la main sur cette décision stratégique.

Alors que le mandat de Jean-Claude Juncker prend fin en novembre, les candidats à sa succession sont en pleine course pour la présidence de la Commission européenne. Un premier face-à-face des deux principaux « Spitzenkandidaten » a eu lieu mercredi 17 avril dernier, opposant d’un côté Frans Timmermans, tête de liste du Parti socialiste européen (PSE), et de l’autre Manfred Weber, tête de liste du Parti populaire européen (PPE).

Ce fut l’occasion de mieux comprendre la personnalité et la vision de l’Europe de chacun, que beaucoup d’éléments opposent.

Fidèle au principe qu’il n’a cessé de défendre durant cinq ans en tant que vice-président de la Commission européenne, Timmermans s’impose comme le fervent défenseur de l’État de droit, particulièrement face à la montée en puissance de démocraties illibérales à l’est (Pologne, Hongrie, Roumanie). Il n’a en effet pas cessé de réaffirmer le cœur de ses priorités : la lutte contre le nationalisme et la protection des valeurs de l’UE.

Mais à l’inverse de son adversaire démocrate-chrétien, Timmermans n’est pas resté arc-bouté sur les « sujets qui font peur » mais a préféré s’en tenir à la lutte « contre l’injustice sociale et économique ». Dans cette perspective, Timmermans plaide pour que tous les Etats membres se dotent d’un salaire minimal « pour éviter le mauvais traitement » infligé aux travailleurs très largement sous-payés.

Pour Timmermans, la question salariale est aussi le terrain où doit s’achever une vraie égalité hommes-femmes, raison pour laquelle il souhaite établir une « transparence totale des salaires » et se donne « cinq ans pour réduire l’écart des salaires à zéro ».

Profitant de sa renommée sur la scène européenne et bénéficiant d’un solide soutien de ses troupes, Timmermans est très vite devenu le candidat présidentiable.

En face, Manfred Weber joue sur les peurs et préfère miser sur des grands slogans. Pourtant non mal placé depuis le début de la campagne, son récent soutien à Viktor Orban freine sa dynamique.

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