La Transnistrie, zone de non droit aux frontières de l’Union européenne ?

La Transnistrie apparaît souvent aux yeux des Européens comme une zone sinistrée, mafieuse et de non-droit. Cet Etat de facto, ayant fait sécession de la Moldavie au début des années 1990, et depuis largement russisé, souffre de sa non-reconnaissance sur la scène internationale par les autres Etats, le laissant dans une situation d’isolement et d’oubli. On trouverait alors aux portes de l’UE une zone dangereuse, déstabilisatrice. S’il est certain qu’il existe des trafics en Transnistrie, et que le régime a des tendances fortement liberticides, Thomas Merle vient questionner cette idée d’une menace transnistrienne, et surtout son lien automatique avec le statut d’Etat non-reconnu. En adoptant une perspective élargie, la Transnistrie n’apparaît pas plus corrompue, ni plus mafieuse ou plus liberticide que de nombreux autres Etats de l’espace post-soviétique. Cela ne doit cependant pas nous faire oublier que la Transnistrie demeure un conflit gelé auquel personne n’a réussi à apporter de solution, et dont l’UE se désintéresse largement. Par ce manque d’engagement, l’UE risque, plutôt que d’aider la situation à s’améliorer, de la laisser s’enliser voire s’envenimer, encourageant la Transnistrie à s’éloigner toujours plus d’elle et vers la Russie, et abandonnant une population aux droits limités. Thomas Merle appelle alors à une politique plus volontariste de l’UE, dont les effets seraient sûrement bénéfiques pour (presque) toutes les parties au conflit.

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Illustration : Flickr, Adam Jones

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